Trophées CFP-ICO 2026 : L’Atelier des Fluides lauréat du Prix Opération Remarquable

Distinction  —  Rénovation énergétique  —  Équipements scolaires

À La Rochette, deux chaufferies d’école de près de trente ans sont passées à une production hybride pompe à chaleur et gaz à condensation, sans déposer un seul radiateur ni interrompre le chauffage. Une rénovation discrète, distinguée le 29 septembre au salon Interclima.

L’Atelier des Fluides  ·  1er octobre 2026  ·  7 min de lecture

École élémentaire Alfred Sisley à La Rochette, dont la chaufferie a été rénovée en production hybride par L'Atelier des Fluides
École élémentaire Alfred Sisley, La Rochette (77). Photo Ville de La Rochette.

Le mardi 29 septembre 2026, au salon Interclima, la revue Chaud Froid Performance et l’association ICO ont remis les prix de la 7e édition des Trophées de l’Ingénierie Performante. L’Atelier des Fluides y a reçu le Prix Opération Remarquable pour la rénovation des chaufferies des écoles Henri Matisse et Alfred Sisley, à La Rochette, en Seine-et-Marne. Un ouvrage qui ne se voit pas depuis la rue, mais qui change le quotidien de plusieurs centaines d’enfants.

Ces trophées, organisés tous les deux ans, distinguent les projets les plus aboutis en matière de conception, de confort et d’efficacité thermique et énergétique. Pour notre bureau d’études, cette reconnaissance salue une conviction : on peut décarboner un bâtiment public sans le refaire, sans surinvestir, et sans jamais interrompre le service rendu à ses usagers.

L'équipe de L'Atelier des Fluides recevant le Prix Opération Remarquable des Trophées de l'Ingénierie Performante CFP-ICO 2026 au salon Interclima
L’équipe de L’Atelier des Fluides lors de la remise du Prix Opération Remarquable, le 29 septembre 2026 au salon Interclima.

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Deux écoles, des chaudières de près de trente ans

La Ville de La Rochette a confié à L’Atelier des Fluides une mission de maîtrise d’œuvre complète pour ses deux groupes scolaires : l’école maternelle Henri Matisse et l’école élémentaire Alfred Sisley. Leurs chaufferies abritaient des chaudières gaz Viessmann installées en 1996 et 1997 : une chaudière de 130 kW à Matisse, deux chaudières de 105 kW à Sisley. Bien entretenues, mais en fin de vie, pilotées manuellement et dépourvues de pompe de secours.

Le diagnostic, mené à partir d’une visite de site en février 2024 et des audits énergétiques existants, a confirmé le constat : des installations impossibles à réguler finement, un chauffage 100 % gaz fossile, et des deux écoles classées C. Bonne nouvelle en revanche : la commune avait déjà engagé, en 2023, l’isolation thermique par l’extérieur et le remplacement des menuiseries grâce au Fonds Vert. Les besoins de chauffage étant réduits, la nouvelle production pouvait être dimensionnée au plus juste.

Le choix de la justesse : une production hybride

Trois variantes ont été chiffrées en appel d’offres : tout-électrique, tout-gaz et hybride. L’Atelier des Fluides a recommandé l’hybride. Dans chaque chaufferie, une pompe à chaleur air/eau ELCO Aerotop Evo Plus assure la base des besoins, et une chaudière gaz à condensation ELCO ne prend le relais que lors des pointes de grand froid. Un régulateur de bivalence arbitre en permanence entre les deux générateurs, avec priorité à la pompe à chaleur.

Le principe tient en deux chiffres : la pompe à chaleur ne couvre qu’environ un tiers de la puissance de pointe, mais parce qu’elle fonctionne l’essentiel des heures de chauffe, elle assure près des trois quarts de l’énergie annuelle. Elle n’est donc pas surdimensionnée pour quelques jours de grand froid, et la double énergie garantit la continuité de chauffage, une priorité absolue dans un établissement scolaire.

Le choix est aussi économique : à périmètre complet, l’offre hybride retenue s’est révélée moins chère de plus de 100 000 € HT que la variante tout-électrique.

« C’est peut-être ça, la plus belle ingénierie : celle qu’on ne voit pas, mais qui change tout. »

— L’Atelier des Fluides, lors de la remise du trophée

Ne rien jeter d’utile

C’est le cœur de la sobriété du projet : aucun radiateur n’a été déposé. Les radiateurs en fonte et en acier, 47 à Matisse et 55 à Sisley, ainsi que les réseaux de distribution, ont été intégralement réemployés. Seules les chaufferies ont été reprises : nouveaux générateurs, réseau primaire calorifugé, pompes doubles à débit variable pour supprimer tout point unique de défaillance, ballon tampon et comptage d’énergie.

La clé de ce réemploi est le régime d’eau, volontairement plafonné à 50 °C au départ. Cette basse température rend la pompe à chaleur efficace sur des radiateurs existants, et constitue au passage une sécurité anti-brûlure adaptée à un public d’enfants.

Le projet en chiffres

≈ 75%

de l’énergie de chauffage assurée par la pompe à chaleur*

≈ −70%

d’émissions de CO₂ sur le poste chauffage*

0

radiateur déposé sur les 102 en place

A

classe d’automatisation EN ISO 52120 (décret BACS)

* Estimations de L’Atelier des Fluides (facteurs Base Empreinte ADEME), à confirmer par le comptage d’énergie dès la première saison de chauffe complète.

Chaque classe pilotée, sans fil et sans saignée

Deuxième brique du projet : une régulation connectée pièce par pièce, sans fil, en LoRaWAN. Chaque radiateur a reçu un corps de vanne à pression indépendante et une tête thermostatique connectée MClimate Vicki. Celle-ci mesure la température et l’humidité, détecte l’ouverture d’une fenêtre pendant les aérations de classe, et dispose d’un verrouillage des consignes adapté aux enfants.

Des détecteurs de présence Elsys complètent le dispositif : une salle inoccupée reste en pré-confort, et bascule en confort dès qu’elle est utilisée. L’ensemble remonte vers une supervision Siemens Desigo Optic, avec loi d’eau, programmes horaires calés sur le calendrier scolaire et alarmes. Ce niveau de finesse permet d’atteindre la classe A de la norme EN ISO 52120, au-delà des exigences du décret BACS, un niveau d’automatisation rare pour des chaufferies scolaires de petite commune. Et puisque tout communique sans fil, aucune saignée n’a été faite dans les classes.

Supervision Siemens Desigo Optic de l'école Alfred Sisley, avec la température de chaque salle de classe
La supervision de l’école Alfred Sisley : chaque salle est suivie individuellement. Capture Siemens Desigo Optic.

Un chantier en site occupé, sans un jour sans chauffage

Les travaux ont été menés de l’été à l’automne 2025, dans deux écoles en fonctionnement, avec l’entreprise SEMCRA et le contrôle technique APAVE. Les interventions dans les locaux ont été placées le mercredi et le samedi, aucune intervention en chaufferie n’a eu lieu pendant la sieste des maternelles, et l’eau chaude du centre de loisirs a été maintenue tout au long du chantier.

Le séquençage a été pensé pour la continuité : les chaudières à condensation ont été mises en service en premier, à l’entrée en période de chauffe, puis les pompes à chaleur ont été posées début novembre. La production hybride a été mise en service le 12 novembre 2025, sans que le chauffage des écoles ne soit jamais interrompu.

Les pompes à chaleur étant installées en extérieur, en tissu résidentiel, l’impact sonore a été mesuré chez les riverains les plus proches, de jour comme de nuit, par le bureau d’études DECIBEL France. Des écrans acoustiques ont ensuite été posés devant chaque unité pour garantir la conformité au bruit de voisinage.

Pompe à chaleur air/eau ELCO installée à l'extérieur de l'école, protégée par un écran acoustique
Pompe à chaleur air/eau ELCO et son écran acoustique. Photo Ville de La Rochette.

Prouver plutôt qu’annoncer

Fidèle à sa méthode, L’Atelier des Fluides a imposé la mesure. Des compteurs d’énergie à ultrasons sont posés sur les primaires de la pompe à chaleur et de la chaudière, ainsi que sur chaque circuit de distribution. Ils permettront de constater la part réelle d’énergie fournie par la pompe à chaleur, le point de bivalence effectif et la performance saisonnière. Les capteurs installés dans chaque salle assurent, eux, le suivi continu du confort.

Les chiffres annoncés sont donc des estimations volontairement prudentes, qui seront confrontées aux relevés dès la première saison de chauffe complète, en regard des consommations de gaz historiques. Une ingénierie conçue pour prouver, pas seulement pour annoncer.

« Ce que nous avons fait à La Rochette, presque chaque commune de France peut le faire. »

— L’Atelier des Fluides

Un modèle reproductible pour les écoles

Le schéma de La Rochette, pompe à chaleur en base, gaz à condensation en pointe, émetteurs conservés et régulation connectée, se transpose directement aux nombreux groupes scolaires des années 1970 à 1990 encore chauffés au gaz, dès lors que le bâti est compatible avec la basse température. Il est aussi finançable : l’opération a bénéficié du Fonds Vert 2024, après un premier Fonds Vert 2023 consacré à l’enveloppe. Traiter l’enveloppe d’abord, la production ensuite : c’est le bon ordre, et un enseignement utile pour toutes les collectivités à budget contraint.

Ce trophée, nous le partageons. Avec toute l’équipe de L’Atelier des Fluides, qui a porté ce projet du premier diagnostic à la dernière mesure. Avec la Ville de La Rochette, son maire Pierre Yvroud et Marc Bréhard, directeur des services techniques, qui ont fait le choix de la solution juste plutôt que de la solution spectaculaire. Et avec l’entreprise SEMCRA et l’ensemble de nos partenaires, qui ont transformé les plans en chaleur et en confort. Merci enfin à Chaud Froid Performance et à l’association ICO, ainsi qu’à leur jury.

Fiche technique

Opération

Rénovation en production hybride des chaufferies des écoles Henri Matisse (maternelle) et Alfred Sisley (élémentaire)

Lieu

La Rochette (77)

Maîtrise d’ouvrage

Ville de La Rochette

Maîtrise d’œuvre

L’Atelier des Fluides (mission complète, du diagnostic à la réception)

Entreprise

SEMCRA (lot CVC)

Contrôle · Acoustique

APAVE · DECIBEL France

Production

Matisse : PAC 25 kW + chaudière gaz à condensation 50 kW · Sisley : PAC 30 kW + chaudière gaz à condensation 70 kW (ELCO)

Surfaces traitées

≈ 935 m² (Matisse) · ≈ 992 m² (Sisley)

Régulation

Têtes connectées MClimate Vicki, détecteurs Elsys, supervision Siemens Desigo Optic (LoRaWAN) · classe A EN ISO 52120

Travaux

Juillet à novembre 2025, en site occupé · mise en service le 12 novembre 2025

Financement

Fonds Vert 2024 (après un Fonds Vert 2023 consacré à l’enveloppe)

Distinction

Lauréat 2026 des Trophées de l’Ingénierie Performante CFP-ICO · Prix Opération remarquable au gaz Cegibat

Photographies Ville de La Rochette et L’Atelier des Fluides  ·  Maîtrise d’œuvre L’Atelier des Fluides  ·  Maîtrise d’ouvrage Ville de La Rochette  ·  Entreprise SEMCRA

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